Conférencièr·e·s invité·e·s

Orateurs et oratrices invité·e·s

  • Cécile Dumas (CEA-LETI, Grenoble)
    La cryptographie dans un CESTI
    Le processus de certification du schéma français repose sur l’évaluation par un des laboratoires agrées, appelés Centre d’Evaluation de la Sécurité des Technologies de l’Information (CESTI). Avant d’être certifiés, les composants sécurisés (cartes à puce) vont être attaqués sous toutes les coutures. Les aspects cryptographiques prennent une place importance dans l’évaluation sécuritaire puisque le rôle d’une carte à puce est essentiellement de garantir des propriétés de confidentialité, d’intégrité et d’authentification. Pour leurs besoins en sécurité les composants intègrent généralement des briques cryptographiques, comme un AES, un accélérateur cryptographique ou un générateur physique de nombres aléatoires. Au cours de ces quinze dernières années, les méthodologies d’évaluation ont grandement évolué. Les analyses effectuées par l’évaluateur sont devenues plus complexes aujourd’hui, avec des objectifs parfois différents des développeurs (mais complémentaires ?). L’utilisation plus fréquente de normes offre de la rigueur mais n’empêche pas les décisions prises avec sagesse et savoir-faire. Cet exposé présentera un aperçu des différentes tâches effectuées dans un CESTI en lien avec la cryptographie, et mettra l’accent au travers d’exemples concrets sur les particularités du métier.
  • Jérémy Jean (ANSSI, Paris)
    Chiffrement authentifié et cryptanalyse
  • Cécile Pierrot (CWI, Amsterdam)
    Le problème du logarithme discret dans les corps finis
    La cryptographie à clef publique s’appuie, comme vous le savez, sur des problèmes difficiles issus pour la plupart de la théorie des nombres. La difficulté présumée de factoriser de grands entiers, ou celle de calculer un logarithme discret sont les deux problèmes les plus déployés actuellement en cryptographie asymétrique.
    Le problème du logarithme discret (DLP) se décompose en deux sous-branches distinctes, selon que l’on considère le groupe des éléments inversibles d’un corps fini, ou le groupe des points rationnels d’une courbe elliptique. Cet exposé propose un survol des différents algorithmes pour résoudre le DLP dans les corps finis. Les auditeurs novices pourront (ré)apprendre ce qu’est :

    • le calcul d’indice
    • les algorithmes par Représentation de Frobenius
    • le crible par corps de nombres (NFS)
    • et le lien entre factorisation et DLP.

    Pour les vétérans aguerris, je réserve quelques minutes de nouveautés. Au programme : logarithmes discrets et problème de décodage.

  • Thomas Prest (Thales Group, Paris)
    Les signatures sur les réseaux euclidiens
  • Jean-Pierre Tillich (INRIA Paris)
    Décodage de codes LDPC quantiques
    (Travail en commun avec Anthony Leverrier et Gilles Zémor)
    Un ordinateur quantique réclame des mécanismes permettant de protéger l’information quantique qu’il manipule. Il est a priori possible de construire un tel ordinateur qui passe à l’échelle en utilisant des codes correcteurs quantiques si l’on accepte un surcoût important en termes de qubits auxiliaires. Ce surcoût peut potentiellement être très réduit et être ramené à un coût tout à fait acceptable en pratique, si l’on avait une famille de codes correcteurs quantiques que l’on appelle les codes LDPC admettant un algorithme de décodage efficace permettant de corriger typiquement un nombre linéaire d’erreurs (en la taille du code). De tels codes sont connus dans le monde classique: ce sont précisément les codes LDPC (classiques) qui apparaissent dans beaucoup de normes de télécommunications actuelles.
    Nous allons expliquer comment il est possible d’importer et de modifier quelques unes des techniques classiques pour proposer une famille de codes LDPC quantiques qui permettent de corriger efficacement n’importe quel motif d’erreur qui est de l’ordre de la racine carrée de la taille du code. Ce résultat peut être vu comme un premier pas vers le résultat recherché mentionné plus haut.
    Nous allons aussi expliquer en quoi le décodage des codes LDPC quantiques diffère de manière assez fondamentale du décodage des codes LDPC classiques et ce qui fait la richesse du problème par rapport au cas classique.

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